Marketing· 7 min de lecture

Remplir son restaurant aux heures creuses

Un service vide coûte exactement le même loyer et le même salaire qu'un service plein. C'est là que se trouve la marge la plus facile à récupérer — et la plus facile à gâcher.

Un mardi soir à trente pour cent de remplissage coûte le même loyer, les mêmes salaires et la même énergie qu'un samedi complet. La différence entre les deux est entièrement de la marge perdue — d'où l'intérêt disproportionné qu'il y a à travailler ces créneaux plutôt qu'à chercher à faire encore mieux sur les services déjà pleins.

Encore faut-il ne pas y perdre plus qu'on y gagne. Une offre mal calibrée sur un service creux déplace la clientèle du service plein vers le service en promotion, ce qui revient à se faire une remise à soi-même.

Étape 1 — Identifier le vrai creux

La première erreur est de traiter « la semaine » comme un bloc. Le creux est presque toujours plus précis que cela : un service, un jour, parfois une plage de deux heures. Un mardi midi peut être correct et un mardi soir désert.

Regardez vos couverts par service sur plusieurs semaines, pas sur une. Un mauvais mardi peut être un accident ; quatre mauvais mardis de suite sont une structure, et c'est seulement sur une structure qu'une action a du sens.

Étape 2 — Choisir une offre qui ne dévalorise pas la carte

La remise en pourcentage est le réflexe le plus courant et le plus coûteux : elle s'applique à tout, y compris aux clients qui seraient venus de toute façon, et elle installe l'idée que vos prix habituels sont négociables.

Trois formats fonctionnent mieux, pour la même raison : ils ajoutent de la valeur au lieu de retirer du prix.

  • L'offert conditionné : un dessert ou un café offert pour un plat commandé, uniquement sur le créneau visé. Vous payez un coût de revient, pas un pourcentage du ticket.
  • La formule dédiée : entrée, plat et boisson à un prix rond, disponible seulement à ce moment-là. Elle ne se compare pas directement à la carte, donc elle ne la dévalorise pas.
  • L'animation : soirée à thème, roulette réservée au créneau, plat unique annoncé la veille. C'est la raison de venir, plus que l'économie réalisée. Voir ce qui fonctionne en gamification.

Étape 3 — Prévenir les bonnes personnes

C'est l'étape qui décide du résultat, et celle qui manque presque toujours. Une offre affichée sur l'ardoise n'est vue que par les gens qui passent devant, c'est-à-dire ceux qui étaient déjà dans le quartier. Une publication sur un réseau social n'est vue que par une fraction de vos abonnés, choisie par un algorithme.

Une notification envoyée à vos clients existants est le seul canal où vous décidez à la fois de qui reçoit le message et du moment où il arrive. Et le moment est déterminant : la décision d'aller au restaurant le soir se prend en fin d'après-midi, pas le matin. Le sujet du timing est développé dans notre article sur les notifications en restauration.

CanalQui décide de la diffusionCoût
Ardoise, vitrineLe passage devant l'établissementNul
Réseaux sociauxL'algorithme de la plateformeNul, mais aléatoire
Publicité en ligneVous, contre paiementÉlevé et récurrent
Notification aux clientsVous, sur votre baseInclus dans l'abonnement

Étape 4 — Cibler, plutôt qu'envoyer à tout le monde

Envoyer chaque offre à toute votre base est le meilleur moyen de la fatiguer. Une campagne « mardi soir » n'intéresse pas un client qui n'est jamais venu un soir de semaine, et chaque message inutile rapproche un peu plus de la désinscription.

Les segments utiles sont peu nombreux et simples : les clients du même créneau, ceux qui habitent ou travaillent à proximité, et les inactifs récents pour qui une offre est un prétexte à revenir. Trois campagnes bien ciblées valent mieux qu'une campagne générale répétée.

Étape 5 — Vérifier que ça a rapporté

Le seul contrôle qui compte est la comparaison du même créneau avant et après, sur plusieurs semaines. Trois questions suffisent : le nombre de couverts sur le créneau a-t-il augmenté ; la marge dégagée couvre-t-elle le coût de l'offre ; les services voisins ont-ils baissé.

Si la troisième réponse est oui, l'opération a déplacé des clients au lieu d'en amener. Il faut alors resserrer les conditions plutôt qu'augmenter l'avantage.

Campagnes ciblées, roulette conditionnée à un créneau, suivi des passages par service.

Voir les tarifs

Questions fréquentes

Quelle offre proposer pour remplir un service creux ?

Un produit offert sous condition ou une formule dédiée au créneau fonctionnent mieux qu'une remise en pourcentage : ils coûtent un prix de revient plutôt qu'une part du ticket, et ils ne donnent pas l'impression que vos prix habituels sont négociables.

Comment éviter que l'offre attire des clients qui seraient venus de toute façon ?

En la conditionnant strictement au créneau creux et en la rendant indisponible sur les services pleins. Si vos clients du week-end peuvent en profiter, l'opération vous coûte de la marge sans rien apporter.

À quel moment envoyer le message ?

Quelques heures avant le service visé, au moment où la décision se prend — en général en fin d'après-midi pour un dîner, la veille au soir ou le matin pour un déjeuner. Un message envoyé trop tôt est oublié.

Faut-il envoyer l'offre à tous ses clients ?

Non. Ciblez ceux qui fréquentent déjà ce créneau ou qui sont proches géographiquement, plus les clients inactifs récents. Les envois généralisés augmentent les désinscriptions sans améliorer le remplissage.

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