Marketing· 8 min de lecture

Remplir un service creux avec une notification push

Un service à moitié vide se répare rarement avec une remise générale. Voici comment cibler le bon segment, écrire le bon message et l'envoyer au bon moment — sans habituer vos clients au rabais.

Le mardi soir est mou. Le réflexe classique consiste à publier une story avec une remise, puis à constater qu'elle a été vue par une poignée de personnes dont la moitié n'habite pas la ville. Une base de clients fidèles permet de faire l'inverse : parler à des gens qui sont déjà venus, qui habitent à proximité, et qui ont accepté d'être prévenus.

Le principe : moins de destinataires, plus de résultats

L'erreur la plus commune est d'envoyer à toute la base. C'est contre-productif pour trois raisons : vous offrez une remise à des clients qui seraient venus de toute façon, vous fatiguez ceux que le message ne concerne pas, et vous perdez la capacité de mesurer ce qui a marché.

Un envoi ciblé sur 120 personnes bien choisies fera davantage de couverts qu'un envoi à 800 personnes indistinctes — et coûtera beaucoup moins cher en marge cédée.

Les quatre segments qui fonctionnent

Les dormants récents

Clients dont la dernière visite remonte à 45-90 jours selon votre rythme. Ils vous connaissent, ils ont aimé, ils ont juste dérivé vers autre chose. C'est le segment au meilleur rendement, et celui qui justifie l'offre la plus généreuse — vous ne rachetez pas une visite, vous rachetez une habitude.

Les habitués d'un autre jour

Clients qui viennent régulièrement, mais jamais le jour que vous cherchez à remplir. Ne leur offrez pas une remise : proposez-leur une raison de déplacer leur venue. Un plat qui n'existe que ce soir-là, un format différent, une soirée thématique.

Les clients à une seule visite

Inscrits au programme, venus une fois, jamais revenus. Le message doit lever le doute plutôt que casser le prix : rappelez-leur ce qu'ils ont pris, ou mettez en avant une nouveauté de la carte.

Les clients proches d'une récompense

C'est le segment le plus rentable de tous, et le plus sous-utilisé. Un client à 8 tampons sur 10 n'a besoin d'aucune remise : il a besoin d'un rappel. « Plus que 2 passages avant votre plat offert » ne vous coûte rien du tout et convertit remarquablement bien.

Écrire le message

Une notification push dispose de quelques dizaines de caractères visibles. Trois éléments doivent y tenir : le bénéfice, le moment, la limite.

À éviterPourquoiMieux
« Découvrez nos nouveautés ! »Aucun bénéfice, aucune échéance« Nouveau burger au menu ce soir — 2 parts de frites offertes jusqu'à 22 h »
« −20 % sur tout le restaurant »Remise générale, marge cédée sur tout« Le dessert offert pour deux plats commandés, ce mardi seulement »
« Vous nous manquez ! »Sympathique mais sans action« Ça fait deux mois — votre café est offert à votre prochaine visite »
« Offre exceptionnelle »Formule vide, ignorée« Il vous reste 2 passages avant votre plat offert »

Une contrainte de temps explicite (« ce soir », « jusqu'à jeudi ») change tout : sans échéance, le message est archivé mentalement et n'est jamais rouvert.

Quand envoyer

Il n'existe pas d'heure magique universelle, mais une logique fiable : envoyez au moment où la décision se prend, pas au moment de la consommation.

  • Déjeuner : entre 10 h 30 et 11 h 30. Après midi, le choix est fait.
  • Dîner en semaine : entre 16 h et 18 h, souvent sur le trajet du retour.
  • Week-end : le jeudi ou le vendredi matin, quand le week-end s'organise.
  • Rappel de récompense : sans urgence, un début d'après-midi en semaine convient.

Évitez le créneau 12 h - 14 h et le samedi soir : votre message arrive au milieu d'un flot de notifications et pendant que le client est occupé.

La fréquence : le point où tout se joue

C'est ici que la plupart des programmes s'abîment. Une notification par semaine paraît raisonnable côté restaurateur ; côté client, multipliée par les cinq autres commerces qui font pareil, elle devient une nuisance. Et la sanction est brutale : la désactivation des notifications est définitive dans les faits, personne ne va les réactiver.

Une désinscription se paie une fois, mais elle se paie pour toujours. Le canal ne se rouvre pas.

Un rythme sain pour un restaurant : deux envois marketing par mois au maximum, auxquels s'ajoutent les messages déclenchés automatiquement — récompense débloquée, anniversaire — qui sont personnels et bien tolérés parce qu'ils concernent le client lui-même.

Mesurer, sinon ça ne sert à rien

Un envoi sans mesure ne s'améliore jamais. Notez trois choses à chaque campagne : la taille du segment, le nombre de visites du segment dans les 72 heures qui suivent, et le chiffre d'affaires généré. Comparez à une semaine sans envoi.

Au bout de cinq ou six campagnes, vous saurez précisément quel segment répond, quel type d'offre fonctionne, et quel jour envoyer. C'est ce cumul d'observations qui fait la différence entre « envoyer des promos » et piloter un remplissage.

Segments prêts à l'emploi — dormants, proches d'une récompense, habitués d'un autre jour — et envoi en trois clics.

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Questions fréquentes

À quelle fréquence envoyer des notifications à ses clients ?

Deux envois marketing par mois au maximum, complétés par les messages automatiques liés au compte du client (récompense débloquée, anniversaire). Au-delà, le risque de désactivation des notifications devient important, et cette perte est irréversible en pratique.

Quelle heure choisir pour envoyer une notification à ses clients ?

Au moment où la décision se prend : 10 h 30-11 h 30 pour le déjeuner, 16 h-18 h pour un dîner en semaine, jeudi ou vendredi matin pour le week-end. Éviter le service de midi et le samedi soir.

Faut-il offrir une remise pour faire revenir un client ?

Pas systématiquement. Pour un client proche d'une récompense, un simple rappel suffit et ne coûte rien. La remise se réserve aux clients dormants, là où l'enjeu est de racheter une habitude et non une visite isolée.

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